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lundi 1er octobre 2007

L’urgence de la métamorphose (Laurence Baranski et Jacques Robin)

Des idées et des hommes, 2007, 224p

La lecture de ce livre, acheté suite à une suggestion de Martine Bergeaud, me semble utile pour tous ceux qui s’intéressent à nos réflexions sur la façon de se situer dans l’aventure de l’univers, de faire face aux défis du vivre ensemble, de lier transformation personnelle et sociale… C’est une invitation à élargir nos cadres d’analyse et de réflexion, à nous aventurer sur des voies alternatives par rapport au toujours plus d’argent et de pouvoir, à inventer un nouvel art de vivre, jusqu’à approcher la sensation de l’infini.

La première partie, intitulée « notre aventure, c’est l’univers », fournit un questionnement utile sur l’évolution de notre planète et sur l’importance d’une prise de conscience des risques découlant de la poursuite de l’aventure humaine.

La seconde partie (« regard sur la planète terre ») est consacrée à présenter les maladies de notre environnement et de nos sociétés, à faire comprendre la situation actuelle et les prémices de la métamorphose en cours en lien avec l’ère de l’information et la mobilisation des acteurs de la transformation.

La troisième partie (« un avenir possible pour l’humanité ») propose un nouvel art de vivre, une autre façon d’entreprendre, des pistes de transformation pour aller vers une écologie humaine et politique et pour réussir la transition vers une autre civilisation.

Le texte, bâti sous forme d’un dialogue entre les auteurs et bénéficiant d’encadrés informatifs, est facile à lire. Il apporte de multiples éléments de réflexion et parfois des ouvertures nouvelles, comme celles-ci :

  • le caractère « non rival » de l’information sur internet invite à un changement de paradigme : plus l’information est diffusée, plus sa valeur augmente, alors que d’habitude c’est ce qui est rare qui est cher ;
  • un signe de notre crise de civilisation est l’accent mis de plus en plus sur la quantité aux dépens de la qualité ;
  • accéder à la complexité du monde et à sa propre complexité d’être humain sont deux processus indissociables qui invitent à relier les antagonismes, à dépasser les dualités, à contextualiser nos analyses ;
  • l’intelligence collective et les processus coopératifs donnent l’opportunité d’inventer une culture fondée sur l’ouverture aux autres, l’écoute et le partage.

Certaines approches, en particulier sur les problèmes économiques, restent approximatives ou sur les problèmes environnementaux tombent dans le catastrophisme. Un point faible de l’ouvrage est la façon dont est évacuée la spiritualité par peur des méfaits des religions, ce qui conduit J Robin à proposer une notion floue de « subjectivité nouvelle ».

Le courant de pensée qui a donné lieu à la rédaction de cet ouvrage apparaît souvent proche de nos sources d’inspiration (ainsi TPTS), même s’il est plus marqué que nous par « science et culture » et moins par l’éthique du débat, par la spiritualité et par le politique. Sa lecture peut nous faire réfléchir sur les possibilités de coopération à l’avenir avec cette mouvance, en particulier dans l’optique de rassembler les énergies autour d’un pacte civique.